Jour : 10 février 2023

  • Sobriété énergétique : les défis d’Engie

    Sobriété énergétique : les défis d’Engie

    « Cela peut paraître antinomique pour un fournisseur d’électricité d’accompagner ses clients à consommer moins ses produits, mais c’est pourtant ce que l’on fait depuis des années en les aidant à agir sur leur consommation d’énergie« . C’est par ses mots que la directrice Grand Public France d’Engie, Cécile Regnault a lancé le débat de la table ronde « Sobriété collective : comment y parvenir« , organisée lors de la Maddy Keynote 2023. Pour répondre à la question de la sobriété énergétique devenue un enjeu national depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, Léa Zaslavsky, co-fondatrice de Make Sense, incubateur d’entrepreneurs à impact et Zuzanna Stamirowska, CEO de Pathway, spécialisé dans l’optimisation de data pour la logistique, avaient également pris place sur le canapé Chesterfield, installé sous la verrière ensoleillée du Carreau du Temple.

    Des challenges pour la sobriété énergétique

    Comme l’a souligné Léa Zaslavsky, qui a lancé une campagne pour inciter les citoyens à s’engager sur la sobriété énergétique, il est nécéssaire de lutter contre le triangle de l’inaction . « Il faut pouvoir permettre à des citoyens qui sont consommateurs, électeurs, salariés ou dirigeants de pouvoir agir dans leur quotidien mais aussi dans leur entreprise« .

    Céline Regnault, Directrice Grand public France avec Léa Zaslavsky de Make Sense à la Maddy Keynote 2023

    Pour répondre à cet enjeu, Engie a lancé une série de défis visant à réduire sa facture d’électricité ou à consommer mieux. Un mode résolument ludique qui entraîne l’adhésion des clients sur ce sujet pas forcément sexy de la sobriété énergétique.

    350 000 kWh économisés avec Mon Bonus Engie

    Le dernier challenge en date, imaginé par le fournisseur d’électricité, s’appelle Mon Bonus ENGIE. « C’est un défi qui est proposé aux clients pour réduire leur consommation d’électricité pendant une journée. Tous ceux qui y arrivent peuvent bénéficier d’un Bonus. Ils accumulent une cagnotte qu’ils pourront utiliser par la suite avec Engie« , détaille Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home, que le FlashTweet a pu interviewé (voir plus bas).

    Créé en octobre 2022, Mon Bonus ENGIE affiche de premiers résultats positifs : près de 30% des clients inscrits au nouveau dispositif ont réussi leur défi et réduit en moyenne leur consommation d’électricité de 35% pour un objectif initial de 15%. Au total ce sont 350 000 kWh qui ont été économisés le jour du défi. L’objectif est aussi pour Engie de préserver le système électrique notamment lors des jours de forte tension.

    En parallèle, un autre défi a été lancé en direction des artisans, TPE et PME. Baptisé Ecodéfi, il récompense les clients éligibles au travers d’une prime en euros. Chaque mois, les efforts des professionnels qui auront le plus réduit leur consommation sont valorisés.

    Mon programme pour Agir ou la force des KiloActs

    Engie n’a pas attendu la crise ukrainienne pour s’engager sur le terrain de la sobriété énergétique. Et créer une boucle vertueuse avec tous ses défis ! Ainsi en 2020, le groupe a mis sur pied Mon Programme pour Agir. « Cela permet de récompenser les clients qui vont s’informer, réduire la consommation d’énergie et via des KiloActs, les inciter ensuite à investir dans les projets solidaires« , a expliqué Cécile Regnault sur scène.

    Et ça marche : plus de 130 000 clients ont participé aux différents challenges de réduction de consommation individuels depuis 2020, permettant de réduire collectivement la consommation d’électricité de près de 10 GWh.

    Les gagnants peuvent utiliser leurs KiloActs pour bénéficier d’avantages ou soutenir des projets. Il peut d’agir de soutenir le développement de start-ups de l’économie sociale et solidaire. Ou encore d’aider des projets de dépollution de zones naturelles. Un deal gagnant-gagnant et surtout très motivant !

    Challenge inter-villes pour la sobriété énergétique

    Engie a même organisé un challenge inter-ville entre Toulouse et Bordeaux fin 2022. Et c’est Toulouse qui a gagné ! « On a incité les clients de ces deux villes à collectivement réduire leur consommation. La ville gagnante a finan à hauteur de 40 000 € un programme local de sobriété énergétique qui a permis de sortir des foyers de la précarité énergétique« , relate Godefroy Scott de Martinville.

    Plus globalement, le fournisseur d’électricité a compris très tôt la nécessité d’accompagner le client dans sa transition énergétique. Outre le lancement de J’agis avec ENGIE en 2018, le fournisseur d’électricité propose au consommateur une énergie verte depuis 7 ans. Depuis 2020, les options Elec verte origine France, une électricité 100% renouvelable et produite sur l’Hexagone.

    Et au dela de la sobriété énergétique, Engie prépare l’avenir. Le groupe investit dans les communautés énergétiques renouvelables avec des éco-quartiers qui vont produire leur propre énergie pour arriver à une autonomie dans leur consommation d’énergie. Une expérimentation est en cours sur l’Ile d’Yeux. « Cela nous permet de tester tout le système c’est-à-dire comment va réagir le consommateur, quelle est la technologie et quel matériel utiliser. Et comment on équilibre entre la production, la consommation et une éventuelle revente ou partage d’énergie« , a dévoilé Cécile Regnault.

    La Maison Engie à la Maddy Keynote 2023

    7% d’économies d’énergies en moyenne

    Autre axe important, également souligné par Zuzanna Stamirowska, la nécessité de récupérer de la data pour ne pas avoir besoin de produire plus. C’est ce que fait Engie avec son service Ma Conso+ qui permet de suivre sa consommation grâce à une application. Une efficacité prouvée : selon l’Ademe, les consommateurs qui suivent leur consommation d’énergie de manière régulière réalisent jusqu’à 7% des économies d’énergie en moyenne.

    Depuis la crise, les chiffres de connexion explosent ! Engie a gagné en l’espace de 6 mois plus d’un 1 Million d’utilisateurs de ce service. « On peut vraiment comprendre ce qu’on consomme, ce qui est un vrai levier pour ensuite réduire ses consommations« , souligne Godefroy Scott de Martinville. Autre volet mis en place, Mon pilotage Elec permet de piloter le chauffage. « Cela permet de faire jusqu’à 15% d’économies d’énergie de chauffage« .

    J’agis avec ENGIE, le slogan lancé en 2018. ici les bornes de recharges Engie présentée à la Maddy Keynote au Carreau du Temple

    Encourager l’autoconsommation des bâtiments

    Enfin, Engie investit aussi dans des start-ups pour répondre au défi de sobriété énergétique. Dernière en date, Lancey Energy Storage est une pépite grenobloise. Elle a développé un radiateur électrique intelligent équipé d’une batterie intégrée (voir interview plus bas). Alimenté par une batterie en lithium-ion, il permet aux particuliers de stocker l’énergie solaire récoltée par leurs panneaux photovoltaïques.

    Engie My Power a lancé une expérimentation en remplaçant 4 à 5 radiateurs d’un foyer par ces radiateurs Capella. L’idée est d’analyser les économies d’énergie réalisées sur l’année et d’encourager l’autoconsommation des bâtiments. Comment ?  En stockant le solaire pendant les pics de production et en le restituant en chauffage pendant les heures les moins ensoleillées.

    En pleine levée de fonds, la start-up vise 10 millions d’euros pour accélérer. « Aujourd’hui, on adresse les bailleurs sociaux et des gros projets de rénovation. On aimerait pouvoir toucher le plus possible de particuliers. Pour que 2024 et 2025 soient les années de notre développement en Europe et à l’international« , résume Claire Houzé en charge de la communication.

    Communauté d’énergies renouvelables, accompagnement des clients dans la transition énergétique, challenges pour sortir du punitif lié trop souvent aux économies d’énergies et à l’écologie : le défi de la sobriété énergétique sera collectif ou ne sera pas ! Et ça, Engie l’a bien compris.

    Le visuel d’annonce du FlashReportage à la Maddy Keynote

    A visionner ! L’intégralité des interviews de Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home d’Engie et Claire Houzé, en charge de la communication de Lancey Energy Storage.

    Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home chez Engie
    Claire Houzé, en charge de la communication chez Lancey Energy Storage

    Pour découvrir le FlashReportage du lancement du Tech Lab de PWC, c’est par ici

  • L’avènement du Blended Learning

    L’avènement du Blended Learning

    Si la formation digitale n’est pas nouvelle, elle n’a jamais été autant plébiscitée que depuis le Covid, qui a engendré un profond changement des habitudes de consommation et de travail. Mais le vrai virage a eu lieu avec la crise des Gilets Jaunes qui a paralysé le pays, donnant naissance aux classes virtuelles et hybrides. Et c’est ce qui a ouvert la voie au Blended Learning.

    Car cette première période a été un véritable test : adapter son contenu et sa façon de présenter pour garder les élèves alertes et intéressés. C’est là que le digital devient intéressant. On peut ajouter dans les cours, comme ce que j’ai fait, de la gamification, des quiz sur Google Form, des sondages sur Kahoot, des exercices sur Klaxoon. En rajoutant des modules digitaux ou vidéos complémentaires sur des plateformes comme Linkedin Learning, on peut aussi construire de véritables parcours blended et des classes inversées.

    La crise du Covid est arrivée et avec elle, la fin des cours en salle et mon garage qui se transforme en salle de classe virtuelle ! Hormis les soucis de connexion sur Zoom, sur-sollicité à l’époque, la transition s’est plutôt faite en douceur.

    Blended Learning pour approfondir

    Cette époque du « tout le monde chez soi » a permis de redéfinir les modalités de formation : il fallait mélanger habilement le synchrone en direct avec Prof/Formateur avec les contenus digitaux asynchrone, qui peuvent être consultés avant, pendant et après la formation. Bref, à la demande ! Aujourd’hui on constate que quasiment tous nos stagiaires veulent du Blended Learning pour pouvoir approfondir ou réviser ce qu’ils ont vu avec un formateur.

    L’intérêt pédagogique est immense puisqu’on peut la plupart du temps le faire à son rythme. De très nombreux acteurs de la formation se spécialisent dans la création de « modules e-learning » comme CrossKnowledge, l’un des pionniers du secteurs. On trouve ou on produit des modules elearning complémentaires à du blended learning.

    Des activités intelligentes boostées à l’IA

    Mais ce sont surtout tous les pure players du Digital Learning qui explosent depuis quelques années, comme OpenClassRoom que j’ai déjà cité, LiveMentor et ses très bonnes formations en digital. On peut se former à tout : de l’onglerie au CAP petite enfance chez l’École Française, aux formations 100% e-learning en Finance et opérations bancaires avec certification par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). Une grande partie de ces formations digitales et blended sont certifiantes et finançables avec le fameux CPF ou les OPCO.

    Mais au-delà des simples contenus texte, quiz ou vidéo, on assiste à la naissance d’activités « intelligentes » dont de plus en plus sont « boostée à l’IA ». On en reparlera dans une prochaine FlashChronique, mais ces exercices pratiques d’un nouveau genre mettent plus à contribution et permettent une bien meilleure rétention de l’information (on parle dans notre langage d’ancrage mémoriel). Et on reparlera également ultérieurement de la pyramide de la rétention.

    L’autre impact du digital sur le secteur de la formation, accéléré par le Covid, a été la simplification « du back office », c’est à dire de toutes les tâches administratives très lourdes des organismes de formation. Du jour au lendemain, des plateformes tout en un, comme Digiforma ou Dendreo qui existent pourtant depuis une dizaine d’années, ont commencé à équiper tous les organismes de formation.

    Ces quasi ERP permettent de digitaliser toute la relation commerciale dont la facturation, la gestion des formateurs, la création des modules de formation et des sessions, les feuilles de présences, les questionnaires de positionnement, examens ou encore évaluations à chaud et à froid, nécessaires pour la facturation et le suivi Qualiopi. Une vraie révolution qui tardait à arriver dans ce secteur particulièrement règlementé !

    Micro-Learning et fin des formations de 5 jours

    Si ces outils permettent de créer des classes présentielles, virtuelles, hybrides ou blended, il y a encore de très nombreux débats sur le sujet. Je vois des clients et des formateurs changer d’avis tous les jours sur la formule idéale à adopter.

    A la sortie de la crise sanitaire fin 2021, tout le monde voulait continuer les classes virtuelles. Puis à partir de début 2022, les clients ont redemandé de la formation en salle…sauf que le curseur n’arrête pas de bouger entre 100% virtuel et 50/50% présentiel/virtuel.

    D’après un sondage conduit récemment chez Demos, on serait à 30% virtuel et 70% en présentiel. Mais les contextes économiques et politiques comme la crise énergétique, le coût de l’essence et les grèves à répétition plaide pour la formation en ligne.

    Aujourd’hui tout le monde essaye d’évaluer où placer le curseur et les années à venir vont permettre de voir si le digital, l’hybridation, le télétravail ou encore le flex-office auront eu raison de la formation en salle.

    En revanche ce qui semble véritablement changer depuis les années Covid, c’est la fin des formations de 2 à 5 jours d’affilée. Les formats plus étalés sont plébiscités. Grâce au télétravail et aux modules d’e-learning, chacun peut désormais apprendre à son rythme, y compris grâce à des « micro-learning » de quelques minutes disponibles sur mobile.

    C’est dans ce contexte d’incertitude par rapport à l’avenir du présentiel que de nombreux acteurs se sont lancés dans les Metaverses. Ils permettent de former des salariés aux quatre coins du globe dans un univers virtuel … certes ! A moins que les technologies immersives comme la réalité virtuelle ne soient une bien meilleure réponse aux enjeux de formation ?

    Rendez-vous le 17 février pour le prochain épisode de la FlashChronique du FlashTweet pour le découvrir.

    Je vous propose une série en 5 épisodes sur la transformation de la formation :

    1️⃣ L’invasion du E-Learning (vendredi 10 février)

    2️⃣ L’arrivée des technologies immersives et des Metaverses (vendredi 17 février).

    3️⃣ La voix ouverte par les intelligences Artificielles en matière de personnalisation et de création de contenus pour la formation (vendredi 24 février).

    4️⃣L’impact des technologies sur l’acquisition de compétences (vendredi 3 mars).

    5️⃣ Le rôle des RH et des formateurs dans ces changements (vendredi 9 mars)

    Si vous voulez découvrir l’introduction de cette mini-série, c’est par ici.