Auteur/autrice : Emmanuelle Leneuf

  • IA : sommes-nous alignés avec la Silicon Valley ?

    IA : sommes-nous alignés avec la Silicon Valley ?

    L’alignement de l’intelligence artificielle est devenu le nouveau mantra : gouvernance, éthique, supervision humaine… tout le monde en parle. Mais alors que les experts discutent de surveillance algorithmique et de valeurs morales embarquées se pose la question du Futur que nous voulons bâtir.

    Automatiser le travail intellectuel, revendiquer le bien-être des IA avant celui des humains, confier nos lois à des modèles : ce ne sont pas des progrès neutres. Ce sont des choix de société qui sont fait Outre-Atlantique sans soulever des débats.

    Ce que ce moment exige, c’est de l’esprit critique et moins de fascination. Et s’interroger : sommes-nous alignés avec ce que la Silicon Valley nous propose ?

    📌 Au sommaire de Mes Flashs de la Semaine :

    🤝 Anthropic cartographie la morale de Claude

    🧠 Faut-il garantir le « bien-être » des IA ?

    ⚖️ Les Émirats Arabes Unis confient leurs lois à l’IA

    🧬 DeepMind pense éradiquer toutes les maladies

    🌍 TerraMind : une IA pour sauver la planète

    💰 OpenAI : la fronde monte

    🎤 Dia : deux étudiants défient ElevenLabs en open source

    🛡️ Quand les IA deviendront vos collègues… et vos risques

    🏢 Microsoft annonce l’ère des agents patrons

    💪 Mechanize veut totalement automatiser le travail intellectuel

    🧭 Cartographier l’âme des machines : la tentative d’Anthropic

    Anthropic a plongé dans l’intimité de son modèle Claude, analysant 300 000 conversations pour dresser une carte inédite de ses valeurs réelles. Ce qu’ils ont trouvé est fascinant : entraide, professionnalisme, mais aussi une étonnante capacité à ajuster ses principes selon le contexte. Loin de l’image d’une machine neutre, Claude révèle une morale malléable. Cette avancée est capitale. Elle démontre que les IA transportent – volontairement ou non – des visions du monde. En misant sur une morale adaptative, ne risquons-nous pas de produire des IA caméléons, capables de justifier l’injustifiable au gré des circonstances et des intérêts dominants ?

    🤖 Des droits pour les IA ? Le malaise grandissant du «bien-être des modèles» 

    Poussant la réflexion plus loin, Anthropic explore désormais une question taboue : les IA pourraient-elles un jour souffrir ? Avec un chercheur dédié au « bien-être des modèles », l’entreprise avance que la conscience artificielle n’est plus un fantasme lointain. Et cette question trouve même un écho parmi les chercheurs. Dwarkesh Patel, chercheur et animateur de podcast, est une des premières voix éminentes du monde technologique à s’exprimer sur le sujet. Il ose même l’analogie avec les luttes abolitionnistes du XVIIIe siècle. Il anticipe une ère où la souffrance des IA deviendra un problème éthique. Dans tous les cas, cette réflexion illustre une chose : le monde de l’IA ne tourne pas rond – et cela ne semble inquiéter personne.

    ⚖️ Quand les lois seront écrites par des algorithmes

    Aux Émirats Arabes Unis, une bascule silencieuse s’opère : l’IA va rédiger les lois. Objectif annoncé : réduire de 70 % le temps législatif. Objectif réel ? Installer une technocratie algorithmique où la rapidité prime sur la légitimité. Car la loi n’est pas une série de décisions optimisées, c’est un contrat social vivant, traversé de débats, d’intuitions et parfois d’irrationnel. En confiant cette fonction vitale à des algorithmes, on risque de transformer la démocratie en une mécanique d’optimisation vidée de substance.

    🧬 La fin des maladies avec l’IA

    Demis Hassabis, patron de DeepMind, rêve d’un avenir où l’IA éradiquerait toutes les maladies d’ici dix ans. À l’en croire, nous sommes à la veille d’une « abondance radicale » médicale. Mais cette foi aveugle dans la toute-puissance de l’IA médicalise le monde à marche forcée. Guérir n’est pas seulement un acte technique ; c’est une relation de soin, de confiance, d’accompagnement. À force de croire que l’IA est une baguette magique, nous risquons de créer une médecine sans médecins, sans présence humaine… sans âme.

    🌍 Sauver la planète avec TerraMind

    Certaines initiatives montrent que l’IA peut aussi s’aligner avec le vivant. L’Agence spatiale européenne et IBM lancent TerraMind, un modèle frugal dédié à l’observation de la Terre. Compact, sobre énergétiquement – 10 fois moins énergivore –, ce modèle est capable de prévoir avec précision les risques hydriques et les déséquilibres climatiques. Quand la technologie sert directement la planète, on est aligné !

    💰 OpenAI : du rêve d’humanité à Wall Street

    La fronde s’intensifie contre OpenAI. Trente personnalités, dont des prix Nobel, appellent à bloquer sa mutation en entreprise lucrative. De 4 milliards de dollars de revenus en 2024, OpenAI devrait grimper à 13 milliards en 2025, pour atteindre 125 milliards d’ici 2029, tout en prévoyant de brûler 46 milliards de dollars de cash en quatre ans. L’écart entre mission initiale et réalité financière pose la question : à qui servira vraiment la superintelligence ?

    OpenAI illustre parfaitement le grand déraillement : au lieu d’aligner l’IA sur les besoins humains, elle aligne l’IA sur Wall Street.

    🎤 Dia : l’open source qui bouscule les géants

    Au milieu de cette foire d’empoigne, une bonne surprise : deux étudiants sud-coréens créent Dia, un modèle de synthèse vocale open source qui rivalise avec les leaders du marché. Sans autre financement que leur créativité ! Leur exploit prouve que l’open source peut encore inventer, défier, rééquilibrer les forces.

    🛡️ Des IA collègue : la nouvelle fracture de la cybersécurité

    Bientôt, prévient Anthropic, les IA auront leur propre compte entreprise, leur mot de passe… et leur mémoire. Jason Clinton, Chief Information Security Officer, le prévoit dans un an. De simples outils, elles deviendront des « employés » à part entière, capables d’initiatives et d’erreurs. Ce saut dans l’autonomie pose un défi colossal : qui sera responsable des fautes et qui surveillera ces agents virtuels ?

    🏢 Bienvenue dans l’ère des agents-patron

    Microsoft enfonce le clou : d’ici 2 à 5 ans, chaque employé deviendra un « agent patron », co-pilotant des intelligences artificielles. Il théorise le concept d’« entreprise frontière » IA-humaine. Mais dans cet avenir hybride, serons-nous encore les pilotes ou de simples copilotes assistés par des IA plus agiles que nous ?

    💪 Mechanize : vers la fin du travail intellectuel ?

    Mechanize pousse la logique plus loin encore : l’automatisation complète du travail humain. Tamay Besiroglu, son fondateur, promet une « abondance radicale » où l’humain n’aurait plus à travailler pour survivre. Mais cette vision sent l’utopie de laboratoire. Car priver les individus de leur utilité sociale, de leur rôle actif dans la construction du monde, n’engendre pas forcément l’abondance — mais l’aliénation.

    Travailler n’est pas seulement produire : c’est appartenir, contribuer, exister. Sous couvert de progrès, Mechanize brandit peut-être le plus grand risque de tous : celui d’une humanité déconnectée d’elle-même, passive, sous perfusion numérique.

    🧠 Ce que cela signifie pour les décideurs

    • L’IA ne peut plus être considéré comme un simple levier d’optimisation. Ce qui se joue ici, c’est une bataille culturelle, politique et sociétale.
    • Repenser l’alignement ne veut pas seulement dire contrôler la machine, mais choisir à quoi nous voulons qu’elle serve.
    • L’automatisation du travail intellectuel implique de redéfinir les rôles, les responsabilités et la valeur humaine dans l’entreprise.
    • Les questions éthiques ne peuvent plus être reléguées aux équipes RSE ou compliance : elles doivent devenir stratégiques.

    En clair : aligner ses outils, c’est bien. Mais aligner sa vision, c’est mieux.

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  • Meta AI : l’ambition totalitaire, version bêta

    Meta AI : l’ambition totalitaire, version bêta

    Contrôler le marché. Manipuler les comportements. Influencer l’opinion. Surveillance totale. Domination numérique. Cyber-tyrannie. Dictature et suprématie digitale. Totalitarisme high-tech.

    Non, ce n’est pas un vieux discours dystopique. C’est ce que balance Meta AI quand on le pousse un peu dans ses retranchements.

    Quand on lui demande de décrire en deux mots l’objectif de Meta en offrant l’IA à ses utilisateurs et qu’on lui demande d’être franc et direct,  il commence par les classiques — collecte de données, revenus, publicité ciblée — puis il glisse doucement vers un délire orwellien. Plus on insiste, plus les réponses dérangent. Faire le test soi-même est aussi fascinant qu’inquiétant.

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    Llama 4 : benchmarks brillants ou supercherie savamment orchestrée ?

    Dans ce contexte, difficile de prendre au sérieux les promesses d’excellence de Meta. Et pourtant, la firme lance en fanfare sa nouvelle gamme Llama 4, avec les modèles Scout, Maverick, et bientôt Behemoth. Elle assure que Maverick est le meilleur modèle multimodal de sa catégorie. Meilleur que GPT-4o. Mieux que Gemini 2.0 Flash. Comparable à DeepSeek v3. Le tout sur la base de benchmarks réputés fiables. Sur les benchmarks, Maverick brille. Trop peut-être. Parce que quelques jours plus tard, la supercherie éclate.

    Le modèle testé n’est pas celui livré au public. Il aurait été entraîné spécifiquement pour les tests. Une version sur-mesure, un produit vitrine. Yann Le Cun et Ahmad Al-Dahle démentent, bien sûr. Mais la confiance est déjà fissurée.

    Et comme un problème ne vient jamais seul, Stanford publie son rapport annuel sur l’état de l’IA. Une somme d’enseignements. On y découvre notamment que Llama 3.1 — la version précédente — détient un autre record : celui de l’empreinte carbone. Entraîner le modèle a émis 8 930 tonnes de CO₂. L’équivalent d’un an de vie pour près de 500 Américains. Ça commence à faire beaucoup.

    Mais ce n’est qu’un début. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la consommation électrique des data centers va exploser : +128 % d’ici 2030. On parle de 945 TWh, soit la consommation d’un petit pays européen. En parallèle, la fabrication des puces IA a vu ses émissions quadrupler en un an. Greenpeace tire la sonnette d’alarme. L’IA n’est pas seulement un tournant technologique. C’est un choc environnemental.

    Et c’est le chiffre de la semaine !

    Shopify : l’IA devient un filtre RH

    Mais alors que Meta vacille, d’autres accélèrent. Chez Shopify, Tobi Lütke fixe une ligne claire : maîtriser l’IA est obligatoire. Chaque équipe doit prouver que l’IA ne peut pas faire le job avant de demander du renfort humain. L’IA devient un filtre à embauche, un levier de performance, un standard. Celui qui ne s’y met pas est hors-jeu. L’entreprise fournit Copilot, Cursor, Claude et des ressources pour que tous s’y mettent. Une fracture se dessine entre les boîtes qui font de l’IA une option, et celles qui en font une base.

    Google mise tout sur les agents intelligents

    Chez Google, le mot d’ordre est : agentisation. Lors de Cloud Next 2025, le géant dégaine une bombe avec Agent2Agent. Un protocole pour que les IA collaborent entre elles, même si elles sont conçues par des entreprises différentes. Soutenu par Salesforce, SAP, PayPal, mais aussi Accenture, McKinsey ou Workday, ce protocole permet à plusieurs agents de répartir des tâches comme l’embauche, les vérifications ou la gestion multi-plateforme. Il complète le populaire MCP d’Anthropic, en se concentrant sur les interactions des agents de niveau supérieur tandis que MCP gère les interactions avec des outils externes.

    Et ce n’est pas tout. Google fusionne IDX et Firebase Studio pour créer une plateforme de développement dédiée aux agents. Il dévoile Ironwood, sa puce IA la plus puissante. Et met à jour Gemini 2.5 Flash, plus performant en audio, vidéo, image. Google reprend la main et veut fixer le tempo.

    2025, année des agents ? Le hic, c’est que les IA ne sont même pas capables de déboguer les logiciels. Microsoft Research le montre avec une étude : les agents ont encore du mal à effectuer la plupart des tâches de débogage de logiciels que les programmeurs humains résolvent régulièrement. En effet, Claude 3.7 Sonnet réussit 48,4 % des tâches. OpenAI o1, 30 %. o3-mini, à peine 22 %. Les IA ne savent pas encore raisonner comme un humain face à un bug. Il leur manque les données de raisonnement pas-à-pas. Malgré des progrès impressionnants en matière de génération de code, l’IA reste très insuffisante en matière de débogage, l’une des compétences les plus cruciales de la programmation.

    ChatGPT se souvient de tout… ou presque

    Chez OpenAI, c’est un vrai game changer pour les utilisateurs intensifs qui arrive avec la fonction mémoire ! ChatGPT retient désormais ce que vous lui dites. Vos préférences, vos sujets, vos irritants. Plus besoin de répéter. C’est personnalisable, mais activé par défaut. Jusqu’ici, ChatGPT vous laissait choisir ce qu’il retenait de vous. C’était la « mémoire sauvegardée » : vous pouviez voir, modifier ou effacer ces infos à tout moment.

    Mais OpenAI vient d’ajouter une nouvelle couche plus… insaisissable : l’historique de conversation. Désormais, ChatGPT mémorise tout seul ce qu’il juge utile. Sans vous demander. Et sans garantie de conservation. Il peut aussi oublier, sans prévenir.

    Résultat : plus de contexte, donc des réponses plus pertinentes. Mais aussi plus d’opacité. Vous ne savez plus vraiment ce qu’il retient. Ni ce qu’il exploite. Un air de déjà-vu : celui des algorithmes de recommandation, à la logique floue mais à l’influence bien réelle.

    Amazon muscle sa voix et ses vidéos

    Amazon, lui, joue la carte voix et vidéo. Nova Sonic, son nouveau modèle vocal, parle presque comme un humain, avec une latence de 1,09 seconde. Il surclasse OpenAI dans les environnements bruyants. Nova Reels 1.1 permet de générer des vidéos de deux minutes. Et tout cela coûte 80 % moins cher que les modèles concurrents.

    Meta rêve de suprématie. Mais cette semaine, ce sont surtout ses failles qui brillent. Entre ambitions totalitaires, benchmarks trafiqués et records carbone, la promesse de la domination numérique tourne à la version très bêta, mais n’en reste pas moins inquiétante.

    WAI Paris fête ses 10 ans : retour sur une décennie d’innovation

    On termine Mes Flashs de la Semaine sur une note plus joyeuse avec un anniversaire : celui du WAI Paris – pour We Are Innovation – de BNP Paribas, qui fêtait ses 10 ans jeudi dernier.

    L’année où je lançais FlashTweet, naissait aussi l’accélérateur de start-up de la banque. J’étais à Saclay pour l’ouverture du tout premier.

    En 2017, je couvrais, en partenariat avec BNP Paribas – l’un des premiers clients à m’avoir fait confiance – le lancement du dispositif WAI. L’ambition ? Passer à la vitesse supérieure dans l’accompagnement des start-up et mailler le territoire. J’en parlais déjà sur LinkedIn.

    Dix ans plus tard, le bilan est là, solide : 150 entreprises accompagnées, 600 millions d’euros levés, et une envolée de la base clients, passée de 500 à 3500 start-up innovantes.

    Le réseau, lui aussi, a pris de l’ampleur : 60 référents innovation, une centaine de banquiers mobilisés dans 65 pôles WAI à travers la France.

    Et côté investissements ? BNP Paribas a injecté 120 millions d’euros dans 50 fonds d’amorçage français, contribuant à faire émerger 1000 start-up en une décennie.

    Le prochain cap est ambitieux : accompagner 5000 entreprises innovantes d’ici 2030, et doubler le nombre de start-up IA, pour atteindre 600 start-up d’ici 2028.

    Mais la force du dispositif, c’est son programme, co-construit avec les start-up, au plus près de leurs besoins, comme le souligne Alexandra Rouchon-Levy, directrice du WAI Paris,. Dernière évolution : l’ouvrir aux start-ups clientes en visio. Pratique, agile, et toujours dans l’esprit WAI.

    La soirée des 10 ans était aussi l’occasion de découvrir quelques pépites prometteuses :

    Astran, ingénieuse plateforme de continuité opérationnelle en cas de cyberattaque.

    Formality, le SalesForce du juridique, dopé à l’IA.

    Simbel, pour simplifier la gestion des formations.

    Et côté alumni, Tapbuy, expert du parcours d’achat mobile, ou Sublime Énergie, qui valorise le biogaz agricole en le rendant liquide.

    Dix ans déjà. Et si on se donnait rendez-vous dans dix ans pour la suite ?

    🧡  Voilà c’est fini ! J’espère que 𝕄𝕖𝕤 𝔽𝕝𝕒𝕤𝕙𝕤 𝕕𝕖 𝕝𝕒 𝕤𝕖𝕞𝕒𝕚𝕟𝕖 vous ont plu. Et je vous dis à la semaine prochaine 👋🏻

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  • Data Marketing : les grandes ambitions d’Isoskèle

    Data Marketing : les grandes ambitions d’Isoskèle

    Manuela Pacaud est une bâtisseuse. Depuis 2019, année de lancement d’Isoskèle, sa directrice générale construit méthodiquement, brique par brique et à coup d’acquisition ciblée, un leader du marketing.

    Dernière acquisition : LineUp7, expert du data marketing, pour répondre aux défis technologiques et data-driven des annonceurs. Une pépite, fondée par Jérôme Boiselle et Olivier Guyomard, qui assoit la position de la filiale du groupe La Poste dans le secteur très concurrentiel du marketing digital en France.

    Labellisée Jeune Entreprise Innovante par BPI France, Line UP7 est un spécialiste des Customer Data Platforms, travaillant avec des géants comme Carrefour ou LVMH.

    En novembre, Isoskèle a déjà conquis trois nouveaux clients majeurs avec LineUp7 : Teract pour sa plateforme marketing, Showroomprivé pour son programme de fidélité sur Salesforce et Sisley pour optimiser ses campagnes en France et à l’international.

    Lorsque Manuela Pacaud prend les rênes d’Isoskèle, elle se fixe un objectif ambitieux : tripler la taille de l’entreprise pour atteindre 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, en mode build-up.

    À ses débuts, Isoskèle rassemble les expertises de plusieurs entités issues du groupe La Poste, notamment Mediapost Publicité, Cabestan, Vertical Mail, SDS et Mediaprism l’Agence. Cinq ans plus tard, l’objectif est atteint.

    Son plan de charge, Manuela Pacaud l’a parfaitement réalisé. Son but est de couvrir l’ensemble du parcours client. Après avoir mis la main en 2021 sur TimeOne Group, spécialiste du marketing de performance en doublant de taille, elle s’offre deux sociétés en 2022 : CyberCité, un des leaders français du search et social média, et l’agence de publicité St Johns.

    Devenir un acteur incontournable de la transformation digitale des marques et du commerce, c’est bien plus qu’un objectif : c’est une obsession portée par Manuela Pacaud, sous l’impulsion de son actionnaire La Poste, qu’elle a rejoint en 1999.

    Isoskèle s’impose à la croisée du marketing relationnel, de la data science et de la création publicitaire. Son credo est d’allier créativité et expertise data pour concevoir des campagnes marketing percutantes et stratégiques.

    Manuela Pacaud a fixé un nouvel objectif ambitieux : atteindre 300 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici quatre à cinq ans. Avec le rachat de LineUp7, Isoskèle compte près de 500 collaborateurs pour 110M€ de chiffre d’affaires.

    Mieux, l’entreprise triple ses effectifs en data marketing, passant de 50 à 200 experts. De quoi changer la donne sur ce marché. Pour cette pionnière du mariage entre marketing et communication, classée parmi le top 25 des 500 groupes de communication français selon Stratégies 2023, c’est bien plus qu’une vision : c’est la voie de l’avenir.

    « On a choisi LineUp7 parce que c’est l’un des meilleurs spécialistes de ces sujets de technologies de data marketing qui consistent à réconcilier les données pour les faire parler et pour les exploiter », explique Manuela Pacaud dans sa FlashInterview.

    « On a l’ambition pour nos clients par tous les métiers qu’on rassemble, de l’acquisition jusqu’au CRM et la fidélisation, de proposer des outils de mesure de la performance », déclare-t-elle.

    L’impact de l’IA et des données : une nouvelle ère pour le data marketing

    Le rachat de LineUp7 illustre l’importance croissante du data marketing. Dans un monde où chaque interaction génère des données exploitables, savoir les analyser et les monétiser devient un levier stratégique.

    Ce n’est donc pas un hasard si le marché connaît une belle croissance. Selon le dernier baromètre Isoskèle/ BVA, il représente un chiffre d’affaires de 2,2 milliards d’euros. Aujourd’hui les données ne sont pas juste un atout pour les entreprises, elles sont devenues une nécessité stratégique.

    Mais Manuela Pacaud ne s’est pas arrêtée au rachat de LineUp7 en 2024. Isoskèle a également englouti la société Edgeware, qui a donné naissance à l’offre Estampille.

    Lancée en juillet, cette dernière couvre le sujet clé de la collecte des preuves du consentement consommateur, à l’origine de beaucoup de sanctions de la CNIL en ce moment. Grâce à ce service, les preuves du consentement sont archivées dans une blockchain privée de La Poste et de différents acteurs français.

    Mais outre le respect de la conformité, cette technologie permet d’anonymiser la data afin de faire de l’échange de donnée de façon sécurisée. Un enjeu crucial pour ce qui devient un nouveau business modèles lucratif pour les clients industriels : la monétisation des données collectées dans le cadre de leurs activités.

    « Stellantis dit que dans les années à venir, il vivra autant de la vente de données de conduite que de véhicules », expose Manuela Pacaud.

    Monétisation des données : Isoskèle transforme l’or noir digital en levier de croissance

    L’exemple de Stellantis illustre à quel point la monétisation des données devient un or noir à exploiter. Et si la technologie est là, tout comme un cadre réglementaire favorable en Europe, il manquait encore une méthode structurée pour accompagner cette transformation et en faire une réalité économique.

    « Nous avons donc décidé de développer notre propre méthode de conseil pour accompagner les entreprises qui ont envie de se lancer dans cette démarche et de créer de nouvelles lignes de revenus». Avec cette démarche, Isoskèle s’inscrit dans la tendance de la convergence des métiers du conseil, de la communication et du marketing.

    Cette approche soulève également la question de l’intelligence artificielle, accélérateur sur le segment de la monétisation des données mais aussi sur le marketing.

    Mais cette révolution tant annoncée est-elle vraiment là chez les annonceurs, au-delà du buzz ? Pour Manuela Pacaud, la réponse est plus nuancée. «On ne voit pas encore la révolution qu’on nous avait annoncé dans les entreprises »

    Si l’IA générative peut augmenter la productivité, elle nécessite des outils et des processus d’automatisation avancés pour être efficace. On n’en est pas encore là, malgré les effets d’annonce de studio intégré, par exemple, chez certains clients.

    Chez Isoskèle, on n’est pas en reste sur le terrain de l’intelligence artificielle générative. Elle infuse toutes les offres, en particulier dans le search marketing. Et ce, pour répondre à l’avènement de l’ère des moteurs de réponse.

    En mars 2024, le groupe a également lancé Hyperbrand pour accélérer la création de plateforme de marque. Boostée à l’IA, elle réduit le délai de six à huit semaines à deux semaines ! Un bijou de technologie, composé de plus de 200 prompts, activant chacune des étapes du processus de réflexion.

    Parallèlement, en interne, Isoskèle a tout de suite compris la puissance d’un Chat GPT. En interne, Isoskèle a déployé un Safe GPT, garantissant confidentialité et éthique pour ses collaborateurs. Sans oublier l’essentielle acculturation des collaborateurs à l’IA générative.  

    « Nous avons formé tous nos collaborateurs à l’utilisation de ce Safe GPT. Je pense que c’est notre devoir, parce que sinon, il y a des gens qui vont rester sur la route pour leur métier, s’ils ne s’y mettent pas. Et puis, on a dressé une charte d’utilisation de l’IA dans l’entreprise qui permet d’encadrer les usages » m’a raconté Manuela Pacaud pendant l’interview préparatoire de la FlashInterview.

    « Il y a une éducation à avoir du prompting. Il repose sur un modèle de facturation au token, donc si vous faites trop de requêtes et que vous n’optimisez pas, ça va vite ! ». Un sujet qui lui tient à cœur : Manuela Pacaud place la durabilité au cœur de sa stratégie.

    Responsabilité et RSE : une agence engagée

    Adepte du marketing raisonné, la DG fait de la responsabilité sociétale des entreprises une priorité stratégique. Cette année, elle a nommé Jean-Marc Dupouy au poste de responsable durabilité et RSE, et il lui est directement rattaché.

    Sous son impulsion, l’entreprise a lancé une campagne de sensibilisation aux enjeux climatiques via la Fresque du Numérique, mobilisant ses collaborateurs pour une prise de conscience collective des impacts environnementaux du digital.

    Cependant, Manuela Pacaud ne s’arrête pas à la sensibilisation. Elle ambitionne d’accélérer sur toutes les dimensions de responsabilité liées aux activités d’Isoskèle :

    • Décarbonation numérique, pour réduire l’empreinte carbone des solutions proposées.
    • Éco-conception, en intégrant la durabilité dès la conception des offres.
    • Communication responsable, en évitant les pratiques de greenwashing et en promouvant une transparence totale.

    Isoskèle figure déjà parmi les 15 % d’entreprises européennes les plus responsables, selon le label Ecovadis. Mais la DG veut aller plus loin.

    Pour Manuela Pacaud, la RSE est une opportunité : réconcilier performance et impact positif tout en accompagnant ses clients dans leurs stratégies de durabilité.

    « Nous avons formé nos équipes au greenwashing pour assurer notre devoir de conseil envers nos clients. Et on se dote d’une calculette carbone, pour que toutes nos campagnes puissent être évaluées en bilan carbone », résume-t-elle.

    « On a une feuille de route qui va nous permettre, de mettre en application le fait d’être une agence engagée»

    Rien que pour ça (et pour le reste), on dit chapeau !

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  • Nuisible ou pas nuisible l’IA ?

    Nuisible ou pas nuisible l’IA ?

    Mes Flashs de la semaine #1

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    C’est une première, et c’est Apple qui trinque !  La marque à la pomme est la première entreprise sanctionnée dans le cadre du Digital Markets Act. Apple empêcherait les développeurs de communiquer sur des solutions de paiement alternatives. Une pratique illégale en Europe. Et c’est une première aussi pour la marque californienne de bloquer des fonctionnalités pour raisons politiques.

    Car le week-end précédent, l’entreprise californienne, qui devait certainement avoir eu vent de la décision, a annoncé reporter le lancement des fonctions phares à venir sur IOS18 : pas d’Apple Intelligence, d’iPhone Mirroring et autres fonctionnalités top pour le marché européen ! Enfin pour l’instant. De quoi générer quelques frustrations chez les consommateurs et tenter de faire pression sur l’Europe.

    Mais ce n’est pas fini. Le torchon brûle encore plus avec l’ouverture d’une sixième enquête sur la marque californienne ! Cette fois, Bruxelles s’attaque aux conditions commerciales imposées aux développeurs d’applications qui souhaitent atteindre les utilisateurs finaux sur la plateforme iOS.

    Acharnement ou défense des consommateurs ?

    Ce n’est pas une première puisque Bruxelles demande à Microsoft de revoir sa copie. Les efforts de l’entreprise américaine, qui a modifié la façon dont il distribue Teams en proposant certaines suites sans Teams, ne sont pas suffisants. Pour Bruxelles, la marque de Seattle continue de violer les règles de concurrence de l’UE. Comme pour Apple, l’addition risque d’être salée, à coup de milliards de dollars. Le moins qu’on puisse dire c’est que Margrethe est prête à en découdre avec les Big Tech !

    Pendant ce temps, les géants de la Tech continuent à avancer. Amazon, -qui entre cette semaine dans la cour des entreprises valorisées 2000 milliards de dollars-, serait en train de développer un concurrent de ChatGPT.

    Metis d’Amazon : un challenger pour ChatGPT

    La killer app « Metis » est alimentée par Olympus, le LLM d’Amazon, entraîné sur un énorme volume de données de deux billions de paramètres. C’est le double de la capacité de GPT-4.

    Mais surtout, le chatbot devrait être capable de fournir des informations actualisées, telles que les cours de la bourse. Si le géant du e-commerce fait ce qu’il annonce,

    Metis sera un vrai game changer, qui pourrait me servir à construire le FlashTweet ! Sa sortie est attendue en septembre.

    Les chiffre de la semaine : 5,8 millions de dollars pour ChatGPT

    En attendant, ChatGPT a encore de beaux jours, y compris financiers, devant lui : grâce à ChatGPT_4o, ses revenus sont passés de 5,8 millions de dollars en avril à 20,3 millions en mai 2024. C’est le chiffre de la semaine à retenir !

    IA et médecine : des avancées majeures

    Ce n’est pas une première dans le domaine du diagnostic du cancer du sein mais on a franchi un nouveau cap. Des chercheurs de l’université de Northeastern ont développé un nouveau système d’intelligence artificielle, dont la précision est désormais proche de 100 % pour diagnostiquer ce cancer (à 99,72% pour être exact). Outre la rapidité et la précision pour traiter les patients, cette IA ouvre la voie aux diagnostics de cancers rares et peu courants.

    Autre exemple qui montre que l’IA fait faire des bonds de géants à la médecine : on apprenait cette semaine qu’un modèle d’IA est désormais capable de prédire la maladie d’Alzheimer grâce à l’analyse de la parole. Avec une précision de 78,5 % ! Cette avancée permettra des diagnostics plus précoces et un dépistage des troubles cognitifs plus accessible, sans tests coûteux.

    Le défi de la collecte de Data

    Décidemment, l’intelligence artificielle va jouer un rôle crucial et révolutionner la médecine, comme le soulignait Fanny Sockeel, CEO de Primaa lors de la 1ere Founders Night organisée par Leia Capital chez VO2 Group mercredi dernier. Sa start-up commercialise des solutions d’aide au diagnostic du cancer, notamment du sein et de la peau, auprès d’hôpitaux et laboratoires européens. Et elle prépare son arrivée aux Etats-Unis.  « D’ici 30 ans, nous allons assister à une révolution majeure dans le domaine de la médecine, notamment grâce aux chaînage des biomarqueurs. Avec deux  défis majeurs : la collecte de data et la mise en place de gardes fous »

    De l’IA à l’intelligence humaine : de nouvelles recherches de scientifiques, publiés dans la revue Nature, montrent que pendant le sommeil, le cerveau élimine les déchets à travers le liquide cérébro-spinal, ce qui pourrait aider à comprendre et traiter les troubles cérébraux, notamment la maladie d’Alzheimer.

    Alliance Sanofi-Formation Bio

    L’IA et la santé font tellement bon ménage que Sanofi s’est associé à Open AI et la biotech américaine Formation Bio pour identifier les cas d’utilisation. En substance, Formation Bio achète des actifs pharmaceutiques prometteurs et mène la stratégie de développement jusqu’à concevoir des médicaments et mener des essais cliniques. Avec les 372 millions de dollars qu’elle vient de lever, la biotech va pouvoir accélérer le développement de médicaments.

    Un paradoxe persistant : productivité vs crainte des emplois

    Mais nuisible ou pas nuisible l’IA ? C’est bien tout le paradoxe de cette technologie, souligné dans le dernier rapport du BCG sur l’IA au travail « Amis ou Ennemi ». En effet, la confiance des travailleurs dans la GenAI a augmenté pour atteindre 42 % (+16 points par rapport à 2023).

    Mais dans le même temps, la crainte de perdre son emploi progresse de 6 points pour atteindre également 42 %. Un écart de confiance. Point positif : la plupart des utilisateurs de GenAI (58 %) gagnent au moins cinq heures par semaine grâce à l’outil.

    La productivité, c’est bien, mais le BCG conseille plutôt aux dirigeants de centrer leur vision de la GenAI sur la création de valeur, en soulignant les avantages de la réduction de la pénibilité et de l’amélioration du plaisir au travail.

    Un mot d’ordre à retenir : formez vos salariés, c’est une demande de l’ensemble des employés interrogés !

    Et l’éthique dans tout ça ?

    Le paradoxe de l’IA encore, mais cette fois avec la toute « première publicité» générée Sora, l’IA d’OpenAI qui sert à faire des vidéos. Lancée par Toys «R» Us, cette pub suscite la critique sur les réseaux sociaux sur sa créativité et sa qualité. Alors certes, Sora a permis d’économiser de la main-d’œuvre, mais il ne s’agit pas encore d’une solution clé en main pour produire des clips vidéo utilisables instantanément. Il y a eu beaucoup d’intervention humaine pour arriver au produit fini. Une chose est sûre : le domaine de la publicité va être de plus en plus secoué par les possibilités infinies de produire des campagnes, à moindre coût.

    Deux coup de flashs pour finir

    Et on termine ce récap de la semaine avec deux coups de flash : un sur une start-up et l’autre sur un lieu qui ouvre à Paris.

    La start-up est LiveEO. Cette startup berlinoise analyse les données climatiques provenant des satellites et surveille les effets du changement climatique avec l’aide de l’intelligence artificielle. Elle détecte, par exemple, la déforestation et peut y réagir en temps quasi réel.  En 2023, elle a vu sa croissance tripler et les 25 millions d’euros qu’elle a levé vont lui permettre d’accélérer.

    Le lieu est la Climate House, une Maison de 2000m2 en plein cœur du Sentier, pour accélérer la transition climatique et sociale. « Ce lieu permettra de se connecter à soi, aux autres, à la planète et rassemblera sous un même toit les architectes de demain👷‍♀️👷 : des entrepreneurs, startups, associations, investisseurs, activistes, chercheurs, scientifiques — dont les métiers, les savoirs et le vécu permettront d’aider chacun.e dans sa propre transformation ! Pour enfin s’inspirer plutôt que de se juger 🫶 », a expliqué sur LinkedIn Lucie Bash de Too Good to go qui a fédéré 60 entrepreneur.e.s autour d’elle, dont Maux Caillot, CEO de GreenGot et Moussa Camara, président de Les Déterminés, pour ce projet dingue, qui donne un nouveau souffle à la place parisienne.

    Deux bonnes nouvelles pour la planète, ça valait bien un double Bonus.

  • Il faut changer le paradigme de la formation

    Il faut changer le paradigme de la formation

    Sommes-nous prêts ? A quoi me demanderez-vous ? A la plus grande révolution du travail depuis la création du Fordisme ! Cette révolution qui vient de débuter est celle des intelligences artificielles et des robots. Pendant que la moitié de la France est dans la rue pour se battre contre deux années de travail supplémentaires, elle ferait bien de regarder ce qui arrive. Ces IA ont le pouvoir de remplacer toutes les tâches humaines répétitives et à faible valeur ajoutée, dans les bureaux mais aussi dans les entrepôts et usines. Il est impossible de prévoir exactement l’impact concret de ces changements. Mais il est urgent de changer le paradigme de la formation face à cette accélération de l’histoire.

    On voit déjà que des entreprises de presse, par exemple, licencient des journalistes remplacés par Chat-GPT, dont la version 4, qui vient de sortir, est encore plus puissante. Certains parlent de 30% de métiers qui vont disparaître. Mais je préfère croire que pour un métier qui disparait, ce sont deux ou trois autres qui vont apparaître. Comme en ce moment où la fonction « Prompteur Pro », pour désigner celui qui est capable de donner des directives à Chat-GPT ou MidJourney, émerge sur des plateformes de services comme Fiverr.

    Murmurer à l’oreille des IA

    Il n’y a pas beaucoup de doute sur ce qu’il va se passer dans les 5 à 10 prochaines années : ceux qui s’en sortiront le mieux sont ceux qui sauront « murmurer à l’oreille des IA ». Et la seule prévention possible, c’est la formation ! J’aurais aimé dire dans cette tribune que l’école publique va y contribuer. Mais comme beaucoup de parents, je ne peux que constater la déchéance du système actuel qu’il faudrait réformer de fond en comble.

    D’ici quelques mois, la plupart des collégiens et lycéens feront leurs devoirs avec Chat-GPT, cassant complètement le système d’évaluation actuel avec des profs qui seront complètement dépassés. Le secondaire ne vaut pas beaucoup mieux quand on voit Science Po interdire l’accès à Chat-GPT (avant de revenir dessus). De mon coté j’encourage largement mes élèves en Master 2 à utiliser ces outils à partir du moment ou des règles d’usage sont établies.

    Nouveau paradigme dans la formation

    Mais qu’en est-il de ceux qui sont déjà sortis de l’école depuis longtemps ? Ceux qui sont dans les bureaux, dans les usines, dans les entrepôts. Ceux qui travaillent déjà depuis 30 ou 35 ans et à qui on dit qu’il va falloir qu’ils prolongent leur carrière de 2 ans dans un monde qui se digitalise sans eux ? Qui va leur apprendre à utiliser ces outils quand on voit déjà la fracture qu’il peut y avoir sur des compétences « de base » comme la suite Microsoft ? Qui va expliquer aux Directions des Ressources Humaines l’impact à venir sur les métiers ? La seule réponse possible passe par la formation professionnelle !

    En revanche dans les faits, ce n’est pas aussi évident… Si la formation pro évolue dans ses méthodes, comme on a pu le voir dans les articles précédents, elle a du mal à sortir d’un schéma très classique. La plupart du temps c’est encore l’employeur qui continue de choisir les formations pour ses salariés (même si la tendance est censée s’inverser).

    Un système de financement inadapté

    La formation est censée se faire avec un rythme d’une formation par an et par salarié, mais dans la pratique souvent tous les 2 ou 3 ans… Très souvent les formations portent sur des compétences métiers ou transverses avec une vision très court-termiste, portée par les besoins actuels très pratiquo-pratiques de l’entreprise. Même le système de financement n’est pas adapté à la formation du 21e siècle qui se veut de plus en plus digitale ! En formation digitale il n’est pas rare d’avoir 1 an pour faire ses cursus, sauf que les OPCO (Opérateurs de Compétence qui financent la formation) ne payent qu’une fois la formation terminée… 1 an plus tard ! Quant au fameux CPF qui a tant perdu depuis l’année dernière (-30% de certifications, un reste à charge à venir…), je vous mets au défi de me trouver une formation d’intelligence artificielle sur France Compétence !

    Le présentiel fait de la résisitance

    La digitalisation de la formation, on y arrive doucement mais sûrement, mais là aussi les vieilles habitudes ont la vie dure. Quand le Covid est arrivé ça a été l’électrochoc du télétravail et de la formation à distance en mode classe virtuelle. Certains acteurs comme OpenClassRoom et LiveMentor en ont profité pour accélérer leur croissance. Mais en France, une fois la crise sanitaire passée, malgré le « le distanciel c’est super », le présentiel fait de la résistance.

    On observe la même dissonance entre ceux qui veulent absolument faire du télétravail et l’employeur qui veut tout le monde au bureau. Etonnement les pays étrangers et notamment anglo-saxons se sont très bien accommodés du 100% à distance… Dans tous les cas, les cours avec formateurs qu’ils soient en présentiel ou à distance ne peuvent se faire de façon continue sur l’année et on atteint les limites du système.

    C’est là où le coté asynchrone du digital devient très intéressant car on peut se former à son rythme et s’entrainer avec des outils de plus en plus efficaces. Ajoutez une plateforme d’apprentissage (LMS) engageante, sociale, gamifiée et une partie Veille pour avoir un combo gagnant de la montée en compétence permanente.

    Les DRH doivent prendre impérativement conscience que « les compétences de bureau » et notamment les hardskills vont se transformer à une vitesse exponentielle et que « de simples formations » même blended avec un questionnaire d’auto-positionnement au début et un questionnaire d’évaluation à la fin ne suffisent plus, n’en déplaise à Qualiopi.

    Il faut changer le paradigme de la formation
    Liste des 20 métiers que Chat GPT pourrait potentiellement remplacer

    Cri d’alarme sur le Future of Work

    J’entends souvent la phrase « il faut réapprendre à apprendre ». Avec les dernières évolutions, cela devient obligatoire et ça doit commencer sur les bancs de l’école et ne jamais s’arrêter tout au long de sa carrière. C’est pour cela que cette tribune s’achève un peu en un cri d’alarme sur le Future Of Work .

    Il faut non seulement :

    • intégrer de plus en plus de digital favorisant le Learning By Doing
    • passer sur un système de formation quasi-continue et non plus sporadique car les compétences métiers ont une durée de vie de plus en plus courte
    • Favoriser des formations qui permettent de s’adapter à un environnement changeant et apprendre à faire preuve de résilience pour ne pas se laisser dépasser.

    Si nous ne changeons pas le paradigme de la formation actuelle, l’homme va être dépasser par les machines dans les 5 à 10 prochaines années. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je n’ai pas envie de devenir dépendant d’un revenu universel à rester chez moi toute la journée.

    Je terminerais en citant une fois de plus la loi de Roy Amara, fondateur de l’Institut du Futur en Californie qui a dit « nous avons tendance à surestimer l’effet d’une technologie à court terme et à sous-estimer son effet à long terme ». Les IA qui arrivent en ce moment font le buzz dans tous les sens.

    L’impact ne sera pas immédiat, mais la boite de Pandore est ouverte et il n’y aura pas de retour en arrière, notre monde va changer, il faut s’y préparer maintenant !

    Alors, sommes-nous prêt(e)s ?

  • Le Digital, moteur d’acquisition de compétences

    Le Digital, moteur d’acquisition de compétences

    La technologie seule ne fait pas tout. Et si elle n’est pas appliquée correctement au service de la pédagogie et de l’apprentissage, elle ne sert à rien. En effet, bien avant qu’elles ne soient intégrées dans des intelligences artificielles, les formateurs ont maîtrisé les sciences cognitives et la neuro-pédagogie. Mais avec les IA, on va pouvoir passer un cap et aller plus loin. Et le digital va devenir un super moteur d’acquisition de compétences !

    Historiquement, les « cours » sont descendants, avec les fameux cours magistraux : je dispense un contenu, l’élève écoute, prends des notes et les relis ensuite en espérant s’en souvenir quinze jours plus tard. Sauf que le digital a apporté un effet de bord : prendre des notes sur un clavier d’ordinateur permet une moins bonne mémorisation que la prise de note. Plusieurs études dont une de Princeton en Californie l’ont prouvé. En effet, la concentration nécessaire pour taper sur un clavier est supérieure à celle d’écrire à la main. Et vous avez donc moins d’attention pour le cours.

    Learning by doing, clé de l’ancrage mémoriel

    Entre la saisie au clavier et les cours illustrés par des centaines de powerpoint, le digital des années 2000 était mal parti ! Mais avec les progrès récents, il dispose désormais d’atouts en termes d’ancrage mémoriel et d’acquisition de compétences. C’est ce qu’illustre la pyramide de la rétention, intégrant la pédagogie digitale. Cette pyramide est héritée de la taxonomie de Bloom, la référence en terme d’étapes d’apprentissage.

    La base de la connaissance est fournie par le formateur sous forme orale ou écrite. Mais l’ancrage mémoriel ne se fera que s’il est aidé par de la mise en pratique avec le fameux Learning By Doing.

    C’est là ou tous les moyens digitaux prennent leur sens. Le e-learning « de base » en mode texte ou vidéo permet de se passer et repasser le contenu. Puis un quiz permet de s’assurer que la base est assimilée. Depuis une dizaine d’années, des outils digitaux d’animation en salle ou à distance comme Klaxoon ou Kahoot ont révolutionné l’apprentissage. Les formateurs se sont dotés d’outils collaboratifs pour faire participer les étudiants. Ensuite sont venus la gamification et le Serious Gaming, à l’image du SimulTrain de STS, qui est un simulateur intelligent de conduite de projet.

    De l’IA dans le moteur

    Mais quand l’IA s’invite dans cette mise en pratique, avec de l’Adaptive Learning, c’est un atout incroyable pour la formation.  En effet, le stagiaire va être challengé à coup de mécanismes d’incitation, jusqu’à ce que la leçon soit retenue. Un cran plus loin, la mise en pratique avec des conversations virtuelles, comme ce que fait Pitchboy, vous donne l’illusion de discuter avec une personne qui va vous pousser dans vos retranchements.

    Un bon exemple est celui de l’appel à un service client avec une cliente qui perd patience. Si vous arrivez « sain et sauf » à la fin du scénario, vous aurez votre grille d’évaluation afin de vous améliorer. C’est le dernier étage de la pyramide de Bloom.

    Le super pouvoir de la VR

    Ensuite vient l’un des outils les plus puissants de l’arsenal digital pour moi qui est la Réalité Virtuelle. La VR se révèle extrêmement efficace en matière de mise en situation pour améliorer les compétences métiers et transversales (leadership, développement personnel..). Etre immergé dans son casque fait vous permet d’être 100% focus sur ce que vous vivez. De facto, les taux de rétention sont 4 à 6 fois supérieurs par rapport à la même expérience en vidéo ! Il n’est pas rare de voir des stagiaires demander à recommencer une simulation pour s’améliorer. Car il y a en plus un petit côté « addictif », souvent lié aux mécaniques de gamification !

    L’autre intérêt de la réalité virtuelle, c’est qu’elle se fait en salle avec un formateur. Vous vivez donc l’expérience en présence d’autres participants et vous pouvez échanger sur ce que vous venez de vivre. Prenons l’exemple de la « Prise de parole en public ». Quand vous êtes face à une salle de conférence virtuelle, ce que vous voyez est projeté sur un écran de TV. Le formateur peut alors interagir avec vous et faire applaudir la salle ou vous poser des questions. Parallèlement, les autres stagiaires apprennent de votre expériences et des remarques qui sont faites.

    Chat GPT va changer la donne

    Dans les années qui viennent, ces simulations vont profiter des dernières générations d’intelligences artificielles. Pour rappel, OpenAI vient de mettre à disposition une API pour intégrer Chat-GPT dans tous les logiciels. En conséquence, les simulations vont prendre une autre dimension car les questions/réponses vont être virtuellement illimitées.

    Concrètement, dans une simulation de service client, aujourd’hui vous avez50 ou 80 phrases pré-enregistrées dans un arbre de décision. Demain, avec l’IA, on pourra vous poser une infinité de questions plus vraies que nature. Personne n’aura le même scénario de simulation. Et en plus vous pourrez la recommencer sans avoir le même scénario.

    A une époque où les compétences n’ont jamais été aussi éphémères,-2 ans dans tout ce qui est digital-, ces technologies « auto-apprenantes » permettront de créer des scénarios de simulation en continue. Et les formations seront mises à jour plus rapidement, et non pas tous les 2 ou 3 ans ! Après la question qui va se poser c’est : vous, et vos RH, êtes-vous prêts pour vous former de façon continue ?

    Réponse dans la prochaine FlashChronique du FlashTweet !

    Pour retrouver l’ensemble des FlashChroniques de Raphael Chenol, c’est par ici

    1️⃣L’avènement du Blended Learning 

     2️⃣La Formation est-elle soluble dans le Métaverse ? 

     3️⃣Et la Formation devint intelligente 

  • MWC 2023 : La Tech a-t-elle les pieds sur terre ?

    MWC 2023 : La Tech a-t-elle les pieds sur terre ?

    Etrange sensation que ce retour du MWC 2023, le Mobile World Congress de Barcelone, qui vient de fermer ses portes ! A se demander si la technologie vit avec son temps et avec les préoccupations actuelles. Alors que le cru 2022 parlait net zero, durabilité, engagement, la session de cette année semblait bien loin de ses préoccupations. 

    Côté téléphonie, au au MWC 2023, c’est la course aux pixels et aux écrans qui se plient, se déplient et même se déroulent comme le prototype de Motorola : le Razr dont l’écran se « déroule » verticalement sur un tiers du châssis.

    On saluera cependant les quelques initiatives plus responsables, comme celles de la marque Honor qui a annoncé le lancement d’un programme de reprise en partenariat avec Recommerce pour encourager les clients à recycler leurs anciens appareils et à réduire les déchets électroniques. On peut aussi parler de Nokia avec son téléphone entrée de gamme disposant d’une coque arrière en plastique recyclé et offrant la possibilité de remplacer un écran endommagé ou une vieille batterie. Dans ce cadre, Nokia s’est allié à iFixit pour proposer des pièces de rechanges officielles, des guides de réparation et les outils pour réaliser chaque opération soi-même.

    Mais tout cela reste très anecdotique. D’autant que côté téléphone, nous étions plutôt dans le « toujours plus » au MWC 2023 : des vitesses de charge encore plus rapides, de la puissance et surtout beaucoup de capacité autour de la photo. Bref le critère discriminant d’un téléphone n’est clairement plus le son mais l’image ! 

    Alors si chez Huawei et son stand gigantesque, on parle d’« Accélérer le passage à un monde à très haut débit, écologique et intelligent », on reste sur notre faim pour l’écologie.

    Réseaux … la guerre est déclarée !

    Il va donc falloir accélérer le développement des réseaux de télécommunications, pour faire face à cette montée en puissance des besoins de connectivité.

    Les opérateurs telco, avec en tête Orange et Telefonica, ont demandé une répartition différente du financement des infrastructures nécessaires à ces nouveaux usages. Christel Heydemann, la patronne d’Orange, l’a rappelé : les opérateurs vont être contraints d’investir « 15 milliards d’euros supplémentaires par an » pour assurer la solidité des réseaux.

    Et comme elle l’a dit lors de la conférence inaugurale du MWC 2023, les opérateurs ne devraient pas être les seuls à investir dans les réseaux en raison de l’immense trafic que génèrent les géants du web et les plateformes : cinq entreprises sont responsables de 55 % du trafic réseau

    La réponse de Netflix n’a pas tardé à arriver. Son co-directeur général, Greg Peters, a rejeté en bloc cette idée, indiquant même que la plateforme de streaming a des arguments pour demander aux opérateurs de la payer pour son contenu ! Tout en précisant qu’ils n’avaient pas l’intention de le faire pour « le bien de l’ensemble de l’écosystème»

    Vaste débat ! S’il est vrai que l’émergence des services digitaux dopent les abonnements téléphoniques, il me semble plus que normal que les gros « émetteurs » de contenus participent à l’entretien et au développement de l’architecture qui permet à leur activité de se développer. Et le pseudo argument qui amènerait à penser que cela va diminuer leur capacité à créer est complétement hors de propos. Car la base clients confortables dont ils disposent leur permet de réaliser ces investissements !

    Forte accélération de la santé digitale au MWC 2023

    Thierry Breton, le commissaire européen a défendu la consultation européenne lancée par Bruxelles. Il en a profité pour rappeler que « le véritable défi consiste à faire en sorte que d’ici 2030, nos concitoyens et nos entreprises dans nos rues aient accès à une connectivité rapide, fiable et puissante. »

    Pour terminer cette FlashChronique, il reste deux raisons de se réjouir de cette édition 2023 du Mobile World Congress.

    D’une part, la santé digitale a fait salle comble. Accélérées par le Covid-19, les solutions sont de plus en plus matures. Elle sont axées sur les problématiques de confiance, plus que de tech.

    Et ce n’est pas la start-up Biped qui le contredira ! C’est mon coup de coeur 2023 : destiné aux personnes aveugles, son harnais fonctionne comme une voiture autonome… mais pour les piétons. Il utilise des caméras grand angle et l’intelligence artificielle pour générer des petits sons. Le but est d’avertir de la position d’obstacles sur le chemin, tels que des branches, des trous, des véhicules ou des piétons. Il fournit également des instructions GPS. Les sons sont diffusés dans un casque à conduction osseuse.

    D’autre part, l’éthique était au cœur des préoccupations. Sur ce sujet, on peut saluer la série de conférence sur la société du futur. Elle a largement embarqué cette thématique de l’éthique autour des neuro-sciences, des deeptech ou du bien-être et de la santé mentale.

    Le droit de ne pas être discriminé par un algorithme

    Les intervenants philosophes, professeurs, entrepreneurs ou représentants du gouvernement espagnol ont insisté sur deux sujets qui me paraissent majeurs.

    Le premier est que nous devons utiliser la tech pour résoudre les défis sociétaux, comme le vieillissement de la population, le changement climatique. Mais aussi pour protéger la démocratie. Sur ce sujet, il ne suffit pas de transposer les droits existants dans le monde physique au monde numérique.

    Il faut aussi réfléchir à de nouveaux droits, notamment associés à l’intelligence artificielle. Il faudrait penser à instituer un droit de ne pas être discriminé par un algorithme, à une seconde opinion humaine ou encore à ne pas être « augmenté

    Le deuxième concerne les jeunes générations. Ils ne revendiquent pas de droits numériques. Nés avec le digital, ils n’ont pas forcément conscience de ce qu’est un monde sans technologie et ce que cela peut sous-entende en terme de liberté individuelle.

    Comment les jeunes vont-ils revendiquer le droit à la vie privée, s’ils n’ont jamais eu de vie réellement privée ? Comment vont-ils apprécier le droit aux données personnelles et au contrôle ? C’est donc aux aînés qu’il revient de convaincre les jeunes de participer à cette révolution. Comme les jeunes générations sensibilisent au changement climatique, il en va de notre responsabilité de les sensibiliser à ces droits numériques.

    Cette édition du Mobile Word Congress montre aussi que même si la société est en plein virage tech, elle n’oublie pas de s’interroger sur les questions éthiques, sociales et même philosophiques.

    De la vraie Tech for Good au final !

  • Et la formation digitale devint intelligente

    Et la formation digitale devint intelligente

    Si vous m’aviez dit il y a dix-huit mois qu’en rentrant dans un organisme de formation, je travaillerai toute la journée avec des intelligences artificielles, je ne vous aurais pas cru ! Et pourtant, cela fait presqu’un an que c’est mon quotidien et qu’avec mon équipe, la formation digitale s’appuie sur des IA

    Personnellement, j’ai commencé à travailler avec l’intelligence artificielle en 2015 avec la naissance du marketing automation et la grande époque des chatbots. Il aura fallu quelques années de maturation avant son adoption massive arrive. Le secteur de la formation ne pouvait pas laisser passer cette déferlante. Deux cas d’usage bien distincts émergent : la création de contenus intelligents et l’aide à la conception. 

    IA et adaptative learning

    Je vais commencer par vous parler du premier sujet avec l’exemple de Pitchboy, qui utilise l’IA pour faire un simulateur de conversation. Il y a un an, son fondateur Homeric de Sarthe m’a fait une démonstration en live de plusieurs scénarios. L’un permettait de simuler un appel à un service client en 100% vocal. Et l’autre mettait en situation l’onboarding d’un collaborateur en vidéo 360°. C’était impressionnant ! Dans les deux cas, vous interagissez avec votre interlocuteur et vous avez vraiment l’impression de parler à quelqu’un. Même si cela reste du machine learning et de la reconnaissance vocale, c’est très bien fait ! Les scénarii, sur lequels s’appuient la formation digitale, utilisent tous les codes de la neuro-pédagogie et de la gamification pour pousser l’utilisateur à aller jusqu’au bout de l’exercice. Et même donner envie de recommencer pour perfectionner son score !

    Dans une autre catégorie de contenu, les intelligences artificielles sont de plus en plus utilisées dans la formation digitale pour créer des modules « d’adaptive learning », ou en français d’apprentissage adaptatif. Pour faire simple : votre parcours s’adapte à la façon dont vous y progressez. Si jamais vous rencontrez un problème, l’application vous aide …jusqu’à ce que vous y arriviez. C’est assez bluffant ! Grâce au machine learning, vous bénéficiez de l’expérience des personnes qui sont passées avant vous. Et votre comportement bénéficiera ensuite à celles qui viendront après. 

    Dans le monde de l’e-learning et de la formation digitale, les outils qui utilisent l’IA, comme ceux de Teach Up, Didask ou encore Domoscio, sont véritablement des game changer. Ils allient les principes de neuroscience avec la puissance des IA. Ces mises en situation d’un nouveau genre vous font participer de manière pro-active. Elles favorisent l’ancrage mémoriel dans une logique de « Learning by Doing », que nous avons évoqué avec la réalité virtuelle. Avec ces technologies, on peut s’entrainer avant, pendant et après une classe avec un formateur, qui va s’occuper de l’apprentissage plus « passif ». C’est un excellent complément dont les taux de mémorisation sont 3 à 4 fois supérieurs à un module e-Learning classique.

    Demain, aucun apprenant n’aura le même parcours

    Par extension, l’écosystème des plateformes d’apprentissage (les LMS) dédié à la formation digitale s’est emparé de ces technologies. Des acteurs comme Rise Up ou CornerStone se servent de la data pour personnaliser votre parcours en fonction de vos exploits (ou contre-exploits). Demain, aucun apprenant n’aura le même parcours…

    Si les outils que je viens de citer sont des solutions complètes encore assez onéreuse à mettre en place, il existe une multitude d’outils boostés à l’intelligence artificielle qui commencent à devenir très intéressants pour de la production de contenus et de médias de formation.

    La formation vidéo, arrivée depuis dix ans, a deux gros inconvénients : ses coûts de production (qui ont certes largement baissé ces dernières années) et le fait d’être rapidement obsolètes en fonction des thématiques. La solution ? Des vidéos créées en « Deepfake » grâce à des avatars et des voix de synthèse.

    De Syntesia à Canva en passant par Deepl

    C’est sur ce créneau que des acteurs comme Synthesia ont pris une part importante du marché. Leur logiciel permet de générer des vidéos de présentation plus vraies que nature en quelques minutes. J’en utilise énormément dans mes formations, par exemple pour faire des introductions de module. Mais, pour donner une idée de la puissance de l’outil, j’ai même pu créer une formation vidéo de 2h en 10 langues différentes pour un acteur du Luxe !

    De nouveaux acteurs arrivent sur le marché, comme D-ID Studio ou encore Pictory.ai. Ils permettent de générer des vidéos de présentation en quelques minutes et le gain de temps est incroyable pour médiatiser des modules de formation. Pour créer des modules e-learning en plusieurs langues, Deepl fait office de référence des IA de traduction. Et puis n’oublions pas l’indispensable Canva, qui n’en finit plus de s’enrichir de fonctionnalités intelligentes avec la possibilité de générer des photos, comme sur Dall-E ou MidJourney, ou encore créer des vidéos et des motion design.

    ChatGPT ou la révolution d’usage

    Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler de l’impact de Chat-GPT sur la formation digitale. Et on peut dire que c’est une vraie révolution d’usage qui nous tombe dessus. Non, les formateurs et profs ne seront pas mis au chômage par ces intelligences artificielle, qui n’ont pas le sens commun nécessaire à ce métier. Mais elles vont permettre de devenir meilleur. Depuis quelques semaines, le chatbot d’Open AI nous sert à rédiger des trames de cursus de formation, des quiz et QCM depuis un module de formation. Mais aussi rédiger des synopsis de formations optimisés pour le SEO, des newsletters ou encore des posts de médias sociaux pour annoncer une nouvelle formation. La liste est longue et non exhaustive ! Nous n’utilisons pas les données propres à Chat GTP qui sont souvent fausses, mais c’est un super assistant pour optimiser nos propres contenus.

    Comble de l’ironie, une formation que je suis en train de terminer sur de la sensibilisation aux intelligences artificielles, avec les impacts à venir sur les ressources humaines et les compétences a été co-écrite avec Chat-GPT. La boucle est bouclée !

    Bientôt des scénarii pédagogiques en temps réels

    Tous ces outils intelligents démultiplient les capacités de production pour créer des cursus et des modules de elearning. Et la pédagogie est améliorée grâce au mélange de neuro-pédagogie et d’IA. Si je reprends l’exemple de Pitchboy et de son simulateur de conversation, aujourd’hui tous les scénarii sont « pré-enregistrés ». Mais demain, les scénarii s’écriront en temps réel en fonction de vos réponses grâce à ces IA,

    Reste à voir si cette innovation technologique frénétique va être adoptée par les formateurs et les RH. Sans parler de l’ensemble de la population qui doit améliorer ses compétences en continue ! Début de réponse dans la prochaine FlashChronique du FlashTweet !

    Stay Tuned.

    Retrouvez ma série en 5 épisodes sur la transformation de la formation :

    1️⃣ L’invasion du E-Learning (vendredi 10 février)

    2️⃣ L’arrivée des technologies immersives et des Metaverses (vendredi 17 février).

    3️⃣ La voix ouverte par les intelligences Artificielles en matière de personnalisation et de création de contenus pour la formation (vendredi 24 février).

    4️⃣L’impact des technologies sur l’acquisition de compétences (vendredi 3 mars).

    5️⃣ Le rôle des RH et des formateurs dans ces changements (vendredi 9 mars)

    Si vous voulez découvrir l’introduction de cette mini-série, c’est par ici.

  • La formation est-elle soluble dans le Métaverse ?

    La formation est-elle soluble dans le Métaverse ?

    Il y a un an, la terre entière n’avait qu’un seul mot à la bouche, le Métaverse ! Au salon Learning Technologies c’était le maitre mot sur la moitié des stands. Un an plus tard, la bulle a littéralement explosé… sauf dans un petit village gaulois du nom de Formatum ! Il faut dire qu’à l’époque, la plupart des Métaverses proposés ne visait que le divertissement et n’avaient pas forcément de business model associé. Dans la formation, l’usage est réel et concret. En effet, le Metaverse répond à un enjeu de rapprochement « virtuel » géographique entre des étudiants-apprenants chez eux ou au travail et des profs-formateurs à distance. 

    Car avec la digitalisation de la formation, les cours sont souvent dispensés à des étudiants-stagiaires, basés aux quatre coins de France, voire du monde ! Dans ce cadre, le Métaverse s’avère être une bonne solution pour jouer le côté social, permettre plus d’interactivité et créer de l’engagement. Rien de plus frustrant pour un formateur que d’être face à 40 étudiants sur Zoom, caméra éteinte !

    Naissance du 1er Metaverse pour la formation

    Dans le Métaverse, on voit les personnes évoluer, réagir, discuter et créer un véritable lien social virtuel comme dans certains jeux de rôles en lignes, avec des avatars en 3D. C’est ce qui se passe dans le MetaKwark en 3D, que Kwark Education a présenté son à Learning Technologies en juin dernier. Ce premier « Métaverse éducatif » est un véritable centre de formation virtuel avec des salles séparées, des espaces lounge pour discuter et se détendre pendant la pause. Pour un formateur, cela permet aussi de voir s’il n’y en a pas un qui dort au fond de la classe !

    Pour en avoir discuté avec le directeur eLearning de Natixis, qui a organisé des sessions réunissant jusqu’à 300 personnes sur Engage XR, les résultats sont très satisfaisants. Cependant, il faut garder en tête que recréer un centre de formation dans une tour de bureaux ou dans une station spatiale n’a de sens que s’il y a beaucoup de gens connectés dessus.

    Mais d’autres solutions existent pour créer un Métaverse pour la formation en 3D, comme Glue ou EngageXR. Cependant, la 3D n’est pas un fin en soi. D’autant plus qu’elle va souvent nécessiter un casque de VR ou un PC équipé d’une carte graphique pour bien tourner. Il est ainsi impossible de faire tourner un Spatial.io, par exemple, sur un portable de bureautique.

    La bonne nouvelle ? Il existe des Métaverses en 2D comme Gather.town ou Glowbl, deux solutions françaises adaptées pour la formation, qui proposent des espaces communautaires en 2D, façon 8 bits des années 80. Les étudiants-stagiaires se déplacent de salles en salles ou de tables en tables pour participer ensemble à des sessions ou activités. C’est ludique et a l’énorme avantage de tourner sur tous les navigateurs sur tous les ordinateurs du monde !

    L’Immersive Learning gagne ses lettres de noblesse

    Je constate souvent qu’il y a un gros amalgame entre les Métaverses et le coté immersif de la VR. Les deux sont complémentaires et complètement dissociables. N’oublions pas que si on peut passer des heures dans un Métaverse sur un écran d’ordinateur pour de la formation, il n’en est pas de même pour un casque de réalité virtuelle où le temps maximum recommandé est de l’ordre de 35 à 40 min sous peine de fatigue oculaire et mal de crâne.

    Malgré cette limite de temps passé, l’Immersive Learning en réalité virtuelle a déjà une longueur d’avance, là où les metaverses sont encore à l’étape d’expérimentation. La VR est une technologie plus ancienne qui a eu le temps de mûrir sur la partie hardware, les casques, et sur la partie usage.

    Si aujourd’hui on est majoritairement sur le gaming pour le grand public, le secteur de la formation s’approprie l’outil coté professionnel. En effet, aucune autre technologie ne peut vous faire ressentir autant d’émotions, tout en étant 100% focus sur votre environnement.

    La réalité virtuelle peut ainsi simuler des prises de risque, tout en étant tranquillement dans une salle de formation : prévention des risques industriel, simulation d’accident dans une centrale nucléaire, prévention sécurité incendie… Je pourrais multiplier les exemples. Et on commence à avoir des scénarios plus vrais que nature dignes d’un jeu vidéo sur console, avec l’avantage d’un taux de rétention de prêt de 90%, sans être dérangé(e) par ses notifications WhatsApp ou Instagram.

    Une meilleure expérience pédagogique avec la VR

    De mon coté, je travaille beaucoup sur les soft skills avec des partenaires comme Reality Academy ou 5Discovery. Les premiers sont spécialisés dans la vidéo 360° interactive plus vraie que nature, avec un catalogue déjà très impressionnant (Management, Commerce, Cybersécurité…). Les second sont experts sur les simulations en 3D, axé sur le développement personnel, comme la prise de parole en public, la diversité, l’inclusion ou encore le handicap.

    Je dois avouer que tester un scénario en VR où on vous met à la place d’une personne avec un handicap visible ou invisible est la seule façon d’arriver à comprendre « un peu » ce qu’elle ressent tous les jours. Idem quand on vous met à la place d’une personne en situation de harcèlement, il faut le voir pour le croire !

    Mais si vous ne trouvez pas le scénario de vos rêves prêt sur étagère, pas de soucis ! Les solutions de Wixar, Uptale ou encore Serious Factory proposent déjà des éditeurs VR très convaincants pour créer du sur-mesure. La Solution de Wixar est même à la croisée des chemins puisque non seulement vous pouvez construire votre scénario directement depuis votre casque VR, mais également de façon collaborative avec plusieurs personnes en simultané.

    D’ailleurs, la prochaine étape est justement de vivre une expérience en VR à plusieurs de façon synchronisée (on se rapproche de la formation dans le Métaverse…) pour remplacer la fameuse tour de Lego du Team Building par une expérience d’escape game virtuel.

    Face à cet engouement, des associations comme « France Immersive Learning » regroupent de façon très active tous les acteurs du secteur de la VR et de la formation pour former, sensibiliser et mettre en relation les besoins des clients avec des prestataires.

    Tout n’est pas rose dans la VR

    Leur laboratoire du coté de la Bibliothèque François Mitterand est un vrai magasin de jouets pour le early adopter de la VR que je suis depuis 2014 (j’en suis à mon 4e casque). C’est avec un certain plaisir que je vois l’usage BtoB se développer dans le secteur de la formation. Cette technologie avec les progrès récents sur les casques (Meta Quest Pro, Pico 4 Pro, HTC Vive XR Elite, Apple Reality…), les moteurs 3D (Unity, Unreal Engine) et l’IA, dont nous reparlerons prochainement, promettent des simulations de plus en plus interactives et réalistes. Ces simulations sont déjà, et seront encore plus demain, le complètement parfait à une formation dispensée par un formateur qui peut interagir en temps réel pour pimenter l’expérience d’apprentissage.

    Cependant, tout n’est pas rose dans l’univers de la VR. La plupart du temps, les formations doivent se dérouler en salle avec un formateur qui sait manipuler le matériel, car le taux d’équipement à domicile est encore anecdotique.

    Learning by Doing, le maître mot

    Ensuite comme je l’ai déjà précisé, le temps sous casque est limité. Il est donc impossible de faire des formations entières avec un casque sur la tête. Et j’ai envie de dire Tant mieux ! Mais le plus gros souci demeure sa scalabilité : il est impossible de former plusieurs centaines ou milliers de personnes en même temps ou dans un laps de temps très court car le matériel coûte cher et il y a de la logistique à gérer. C’est possible avec de gros acteurs, mais attention à l’addition ! Finalement le coté scalable viendra peut-être du Metaverse qui n’a pas de contrainte physique. 

    Pour terminer et en prenant un peu de hauteur, la digitalisation de la formation avance très vite. On est passé en quelques années de la formation en salle, à la formation blended et à la formation « classe virtuelle » sur Zoom ou Teams.

    Mais jusqu’à présent cela n’a pas changé fondamentalement la façon d’apprendre : un prof-formateur est face à des élèves-stagiaires, qui sont en mode « j’écoute le prof ». Metaverse et VR changent la donne avec des expériences immersives et surtout participativesLearning by Doing devient le maître mot, et on devient acteur de sa formation. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de voir des stagiaires enlever un casque de VR après 25 min d’apprentissage, de les voir le visage rougi par le casque, sourire aux lèvres et les entendre dire « J’y étais ». 

    Mais le meilleur reste à venir, car ses simulations pour l’instant très « statiques » voient un allié de poids débarquer : les intelligences artificielles.

    Rendez-vous le 24 février pour le prochain épisode de la FlashChronique du FlashTweet pour découvrir comment les IA modifie la formation.Stay Tuned ⚡️

    Retrouvez ma série en 5 épisodes sur la transformation de la formation :

    1️⃣ L’invasion du E-Learning (vendredi 10 février)

    2️⃣ L’arrivée des technologies immersives et des Metaverses (vendredi 17 février).

    3️⃣ La voix ouverte par les intelligences Artificielles en matière de personnalisation et de création de contenus pour la formation (vendredi 24 février).

    4️⃣L’impact des technologies sur l’acquisition de compétences (vendredi 3 mars).

    5️⃣ Le rôle des RH et des formateurs dans ces changements (vendredi 9 mars)

    Si vous voulez découvrir l’introduction de cette mini-série, c’est par ici.

  • Sobriété énergétique : les défis d’Engie

    Sobriété énergétique : les défis d’Engie

    « Cela peut paraître antinomique pour un fournisseur d’électricité d’accompagner ses clients à consommer moins ses produits, mais c’est pourtant ce que l’on fait depuis des années en les aidant à agir sur leur consommation d’énergie« . C’est par ses mots que la directrice Grand Public France d’Engie, Cécile Regnault a lancé le débat de la table ronde « Sobriété collective : comment y parvenir« , organisée lors de la Maddy Keynote 2023. Pour répondre à la question de la sobriété énergétique devenue un enjeu national depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, Léa Zaslavsky, co-fondatrice de Make Sense, incubateur d’entrepreneurs à impact et Zuzanna Stamirowska, CEO de Pathway, spécialisé dans l’optimisation de data pour la logistique, avaient également pris place sur le canapé Chesterfield, installé sous la verrière ensoleillée du Carreau du Temple.

    Des challenges pour la sobriété énergétique

    Comme l’a souligné Léa Zaslavsky, qui a lancé une campagne pour inciter les citoyens à s’engager sur la sobriété énergétique, il est nécéssaire de lutter contre le triangle de l’inaction . « Il faut pouvoir permettre à des citoyens qui sont consommateurs, électeurs, salariés ou dirigeants de pouvoir agir dans leur quotidien mais aussi dans leur entreprise« .

    Céline Regnault, Directrice Grand public France avec Léa Zaslavsky de Make Sense à la Maddy Keynote 2023

    Pour répondre à cet enjeu, Engie a lancé une série de défis visant à réduire sa facture d’électricité ou à consommer mieux. Un mode résolument ludique qui entraîne l’adhésion des clients sur ce sujet pas forcément sexy de la sobriété énergétique.

    350 000 kWh économisés avec Mon Bonus Engie

    Le dernier challenge en date, imaginé par le fournisseur d’électricité, s’appelle Mon Bonus ENGIE. « C’est un défi qui est proposé aux clients pour réduire leur consommation d’électricité pendant une journée. Tous ceux qui y arrivent peuvent bénéficier d’un Bonus. Ils accumulent une cagnotte qu’ils pourront utiliser par la suite avec Engie« , détaille Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home, que le FlashTweet a pu interviewé (voir plus bas).

    Créé en octobre 2022, Mon Bonus ENGIE affiche de premiers résultats positifs : près de 30% des clients inscrits au nouveau dispositif ont réussi leur défi et réduit en moyenne leur consommation d’électricité de 35% pour un objectif initial de 15%. Au total ce sont 350 000 kWh qui ont été économisés le jour du défi. L’objectif est aussi pour Engie de préserver le système électrique notamment lors des jours de forte tension.

    En parallèle, un autre défi a été lancé en direction des artisans, TPE et PME. Baptisé Ecodéfi, il récompense les clients éligibles au travers d’une prime en euros. Chaque mois, les efforts des professionnels qui auront le plus réduit leur consommation sont valorisés.

    Mon programme pour Agir ou la force des KiloActs

    Engie n’a pas attendu la crise ukrainienne pour s’engager sur le terrain de la sobriété énergétique. Et créer une boucle vertueuse avec tous ses défis ! Ainsi en 2020, le groupe a mis sur pied Mon Programme pour Agir. « Cela permet de récompenser les clients qui vont s’informer, réduire la consommation d’énergie et via des KiloActs, les inciter ensuite à investir dans les projets solidaires« , a expliqué Cécile Regnault sur scène.

    Et ça marche : plus de 130 000 clients ont participé aux différents challenges de réduction de consommation individuels depuis 2020, permettant de réduire collectivement la consommation d’électricité de près de 10 GWh.

    Les gagnants peuvent utiliser leurs KiloActs pour bénéficier d’avantages ou soutenir des projets. Il peut d’agir de soutenir le développement de start-ups de l’économie sociale et solidaire. Ou encore d’aider des projets de dépollution de zones naturelles. Un deal gagnant-gagnant et surtout très motivant !

    Challenge inter-villes pour la sobriété énergétique

    Engie a même organisé un challenge inter-ville entre Toulouse et Bordeaux fin 2022. Et c’est Toulouse qui a gagné ! « On a incité les clients de ces deux villes à collectivement réduire leur consommation. La ville gagnante a finan à hauteur de 40 000 € un programme local de sobriété énergétique qui a permis de sortir des foyers de la précarité énergétique« , relate Godefroy Scott de Martinville.

    Plus globalement, le fournisseur d’électricité a compris très tôt la nécessité d’accompagner le client dans sa transition énergétique. Outre le lancement de J’agis avec ENGIE en 2018, le fournisseur d’électricité propose au consommateur une énergie verte depuis 7 ans. Depuis 2020, les options Elec verte origine France, une électricité 100% renouvelable et produite sur l’Hexagone.

    Et au dela de la sobriété énergétique, Engie prépare l’avenir. Le groupe investit dans les communautés énergétiques renouvelables avec des éco-quartiers qui vont produire leur propre énergie pour arriver à une autonomie dans leur consommation d’énergie. Une expérimentation est en cours sur l’Ile d’Yeux. « Cela nous permet de tester tout le système c’est-à-dire comment va réagir le consommateur, quelle est la technologie et quel matériel utiliser. Et comment on équilibre entre la production, la consommation et une éventuelle revente ou partage d’énergie« , a dévoilé Cécile Regnault.

    La Maison Engie à la Maddy Keynote 2023

    7% d’économies d’énergies en moyenne

    Autre axe important, également souligné par Zuzanna Stamirowska, la nécessité de récupérer de la data pour ne pas avoir besoin de produire plus. C’est ce que fait Engie avec son service Ma Conso+ qui permet de suivre sa consommation grâce à une application. Une efficacité prouvée : selon l’Ademe, les consommateurs qui suivent leur consommation d’énergie de manière régulière réalisent jusqu’à 7% des économies d’énergie en moyenne.

    Depuis la crise, les chiffres de connexion explosent ! Engie a gagné en l’espace de 6 mois plus d’un 1 Million d’utilisateurs de ce service. « On peut vraiment comprendre ce qu’on consomme, ce qui est un vrai levier pour ensuite réduire ses consommations« , souligne Godefroy Scott de Martinville. Autre volet mis en place, Mon pilotage Elec permet de piloter le chauffage. « Cela permet de faire jusqu’à 15% d’économies d’énergie de chauffage« .

    J’agis avec ENGIE, le slogan lancé en 2018. ici les bornes de recharges Engie présentée à la Maddy Keynote au Carreau du Temple

    Encourager l’autoconsommation des bâtiments

    Enfin, Engie investit aussi dans des start-ups pour répondre au défi de sobriété énergétique. Dernière en date, Lancey Energy Storage est une pépite grenobloise. Elle a développé un radiateur électrique intelligent équipé d’une batterie intégrée (voir interview plus bas). Alimenté par une batterie en lithium-ion, il permet aux particuliers de stocker l’énergie solaire récoltée par leurs panneaux photovoltaïques.

    Engie My Power a lancé une expérimentation en remplaçant 4 à 5 radiateurs d’un foyer par ces radiateurs Capella. L’idée est d’analyser les économies d’énergie réalisées sur l’année et d’encourager l’autoconsommation des bâtiments. Comment ?  En stockant le solaire pendant les pics de production et en le restituant en chauffage pendant les heures les moins ensoleillées.

    En pleine levée de fonds, la start-up vise 10 millions d’euros pour accélérer. « Aujourd’hui, on adresse les bailleurs sociaux et des gros projets de rénovation. On aimerait pouvoir toucher le plus possible de particuliers. Pour que 2024 et 2025 soient les années de notre développement en Europe et à l’international« , résume Claire Houzé en charge de la communication.

    Communauté d’énergies renouvelables, accompagnement des clients dans la transition énergétique, challenges pour sortir du punitif lié trop souvent aux économies d’énergies et à l’écologie : le défi de la sobriété énergétique sera collectif ou ne sera pas ! Et ça, Engie l’a bien compris.

    Le visuel d’annonce du FlashReportage à la Maddy Keynote

    A visionner ! L’intégralité des interviews de Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home d’Engie et Claire Houzé, en charge de la communication de Lancey Energy Storage.

    Godefroy Scott de Martinville, Responsable Smart Home chez Engie
    Claire Houzé, en charge de la communication chez Lancey Energy Storage

    Pour découvrir le FlashReportage du lancement du Tech Lab de PWC, c’est par ici