Hortense Harang, l’Amazone du local

Sa petite entreprise, Fleurs d’Ici, ne connaît pas la crise. Et elle est bien décidée à la faire grandir : quelques jours après avoir exposé son savoir-faire lors de la célébration du « Fabriqué en France » à l’Elysée, Hortense Harang, cofondatrice de l’«Interflora  de la fleur 100% green et éthique», vient de réussir sa levée de fonds de 5,5 millions d’euros. Née en 2017, la start-up, rentable, a séduit 2050, le fonds créé par Marie Ekeland.

Dans la foulée, Hortense Harang prévoit de lever de la dette pour engranger 8 millions d’euros. L’objectif est d’accélérer le développement de Fleurs d’Ici, tout en dupliquant son modèle sur d’autres secteurs. Première étape pour celle qui affiche son ambition de devenir l’Amazon du commerce vertueux et des produits locaux : l’alimentaire avant de s’attaquer au textile puis aux matériaux de construction.

Marketplace, Blockchain et Fleurs

Son idée de départ avec Fleurs d’Ici ? Relocaliser la production de fleurs, aujourd’hui importée à 90%.  Comment ? En lançant une marketplace, basée sur la blockchain pour assurer la traçabilité des fleurs, afin de mettre en lien producteurs, fleuristes et clients. Green jusqu’au bout des ongles, la distribution est assurée grâce à un réseau de livreurs à vélo ou en véhicule électrique. Ainsi depuis la création de l’entreprise, 2000 producteurs français ont été mis en relation avec plus de 400 fleuristes.

Pour ce faire, Hortense Harang a développé WeTradeLocal, un logiciel de gestion des filières locales et de la logistique. Car au-delà de la place de marché, Hortense Harang et son associée Chloé Rossignol, respectivement 41 et 35 ans, ont créé une véritable filière sur le territoire, allant de l’horticulture aux artisans maitrisant l’art des bouquets, sans oublier une logistique vertueuse, à moindre impact carbone.

Accélérer en local et à l’international

A toute chose, malheur est bon. Depuis le confinement, la demande des particuliers explose, même si 70% du chiffre d’affaires de sa start-up provient d’entreprises. Du coup, l’idée est de surfer sur la vague du changement de mentalité des consommateurs qui veulent privilégier le « produit localement ».

C’est cette position qu’Hortense Harang cherchait à consolider avec cette levée de fonds, tout en voulant accélérer à l’international afin de faire face à la demande des grands groupes. Car la pépite Frenchie séduit beaucoup les grands comptes (Orange, BNP, LVMH, Caudalie, Pierre Fabre, L’Oréal, Accor.. ). Fleurs d’Ici, qui cultive son modèle dans une demi-douzaine de capitales, devrait donc accélérer dans les prochains mois.

Déjà en charge de 20 personnes, la bouillonnante chef d’entreprise, dont le prénom qui signifie Jardin en latin la prédestinait à se tourner vers les fleurs, prévoit de recruter 40 personnes pour renforcer les équipes Tech et Ventes. Objectif : atteindre 30 M€ de chiffre d’affaires d’ici un an, versus 1 million en 2019.

Dupliquer le modèle dans l’alimentaire

Femme de réseau, Hortense Harang s’appuie sur Instagram pour agréger sa communauté de fleuristes et de clients. L’autre axe consiste à sensibiliser les Français.es à la question de la provenance des produits qu’ils consomment afin de les inciter à « voter » avec leur carte bleue. En experte de la communication, elle sait que cela doit reposer sur de la production de contenus à caractères éducatifs, que les réseaux sociaux aident à viraliser.

En 2022, une nouvelle branche de Fleurs d’Ici devrait donc éclore pour relocaliser les filières agricoles dans lesquelles les consommateurs ont des attentes pour des produits locaux. Au premier chef : la restauration collective afin d’agréger des producteurs agricoles locaux et des artisans capables de transformer les produits localement pour servir un client local.

De journaliste à entrepreneuse

Ancienne reporter de guerre, journaliste à la BBC, passée par la communication avant de lancer Fleurs d’Ici, Hortense Harang est partie à la conquête du secteur, la fleur au fusil, mais en pleine conscience. Depuis 10 ans, elle était sensibilisé au mouvement du slow flower, né en Grande-Bretagne. Fierté : grâce à son business model, elle divise par trente l’impact en CO2 d’un bouquet !

Femme de conviction et de passion, elle a réussi à lever les obstacles sur sa route pour réunir le financement espéré. Inutile de préciser qu’il lui a fallut de l’énergie pour passer outre les réticences : un duo de dirigeantes 100% féminin, un secteur perçu (injustement) comme féminin (les fleurs), et une entreprise à mission ! Comme elle le raconte, il n’était, souvent, pas simple de parvenir au stade où il est juste possible d’avoir des discussions sur le modèle économique, sa rentabilité et sa scalabilité....Et pourtant !

Sa devise, comme un clin d’oeil, ne manque pas de sel : c’est en se plantant qu’on devient cultivé.e.s. A bon entendeur, salut !

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